Etape 11

  • 22 septembre
  • 12,9 km
  • ArtiedaRuesta

C’est vrai, quelques heures après la première prise d’antibiotiques, la douleur est moindre. La jambe a un peu retrouvé son profil. Je décide de marcher sur une courte distance. Je choisis « bien » mon jour de reprise, il pleut à verse. J’arrive à Ruesta trempée jusqu’aux os alors qu’une heure après mon arrivée, le ciel s’éclaircit et en milieu d’après-midi, le soleil rayonne. Le village a été vidé de ses habitants pour laisser place à un projet hydraulique, le lac de Yesa. Seul, le refuge apporte un peu d’animation avec un petit centre d’informations. Pour prévenir une éventuelle reprise de la pluie, je me mets derrière l’immense baie vitrée du centre d’informations avec l’accord de ses occupants. L’entrée de l’église abandonnée me fait face.

A l'aquarelle, derrière des barrières métalliques ouvertes, la façade d'une église abandonnée.
Ruesta (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 22 septembre 2017

Après le retour du soleil, je déménage. Tranquillement, je prospecte à travers les ruines avant d’installer mon atelier ambulant en plein air. Il fait un peu frais à cause de l’humidité, mais ce n’est pas le froid pyrénéen. Nous sommes une bonne quinzaine à tuer le temps dans les ruines, chacun dans sa bulle, si je peins, les autres visitent les vestiges.

A l'aquarelle, derrière un mur de végétation, sur la gauche, les vestiges d'une tour-clocher, sur la droite un mur d'habitation dépourvu de sa toiture.
Ruesta (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 22 septembre 2017

Sur une des terrasses du refuge, Wendy et Scott sont installés au soleil. Je les rejoints. Non loin, trois occupants du centre d’informations ont sorti la guitare. Ils chantent. Ils me reconnaissent et m’invitent à les peindre. Petit à petit la terrasse se remplit des autres marcheurs qui se mettent en arc de cercle autour des espagnols. Tous écoutent. Tous apprécient ce moment de plénitude. Moment privilégié…

A l'aquarelle, en premier plan à droite, une femme lit. Elle est de 3/4 dos, en plus violet, lunettes rouges et bandeau sur la tête bleu. En second plan, plus à gauche, un homme à la guitare. De profil vers la gauche, il est brun au pull noir
Ruesta (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 22 septembre 2017
A l'aquarelle, de dos, deux hommes assis. Celui de droite joue de la guitare. Ils sont en vis à vis. Celui de gauche est chauve au pull vison. Celui de droite est brun au pull noir. Entre eux deux, une bouteille posée sur une table
Ruesta (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 22 septembre 2017

 

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Etape 10

  • 21 septembre
  • 0km
  • Artieda

Je suis toujours coincée à Artieda. Mon problème de tendinite n’est pas résolu. L’hospitalière est conciliante. Ce matin, je profite de l’animation du village. C’est jour de marché. Dès 10h, caddie en main, des personnes se regroupent sur la place devant le refuge. Elles sont moins d’une dizaine, hommes et femmes. Elles attendent le camion d’un primeur qui passe une fois par semaine. L’une d’entre-elles demande à voir mon carnet d’aquarelles. Elle le feuillette, les autres sont tout autour. Je reçois quelques commentaires élogieux. L’une reconnaît la porte de son jardin et manifeste une certaine fierté. Quand le camion arrive, changement d’ambiance. Le carnet m’est rendu. Nous devenons invisibles. Tous s’alignent devant le camion. Chacun attend son tour. Les courses faites, chacun rentre chez lui. Le village retombe dans sa quiétude.

A l'aquarelle, une personne se dirige vers un camion primeur, ouvert sur son coté, deux autres attendent. Derrière elles, un arbre fait de l'ombre. En arrière plan, dernière la benne du camion, le clocher-tour de l'église de Artieda.
Artieda (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 21 septembre 2017

 Après cet épisode, je décide de prendre en main ma problématique. Je me renseigne auprès du jeune hospitalier, Raoul, et de mon assurance. Raoul propose de m’amener à Pampelune. Il s’y rend en fin d’après-midi avec des amis. Je suis touchée par sa proposition d’autant qu’il insiste : 

– Tu as bien compris ? Mes amis et moi pouvons t’amener et te ramener. 

J’accepte avec plaisir. Par le biais de mon assurance, j’ai rendez-vous dans un établissement. Je suis attendue. Quelques heures plus tard, je ressors de la clinique universitaire avec une simple ordonnance d’antibiotique. D’après le médecin, la tendinite va se résorber toute seule, demain je peux repartir. A mon retour, je constate que je partage le dortoir avec un couple d’américains. Je fais la connaissance de Wendy et Scott.

A l'aquarelle, gros plan sur une très vieille porte en bois, toute abîmée. Elle est surmontée d'une gouttière de tuiles brunes. Elle est tenue par un mur de pierre
Artieda (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 21 septembre 2017

Etape 9

  • 20 septembre
  • 0 km
  • Artieda

L’état de ma jambe droite est stagnant. Avec l’accord de l’hospitalière, je m’arrête un jour. Mais, elle prévient :

– Si beaucoup de monde arrive, tu devras laisser ta place. Je ne peux pas prévoir l’affluence. Mais en cette saison, on ne fait plus le plein.

Sur le Chemin, la règle est que l’on ne peut rester deux jours dans une même albergue. La courte sédentarisation est à l’appréciation de l’accueillant. Je préfère préserver la chance de réussite de mon aventure. Je quitte la compagnie de Roberto et Taïs qui poursuivent leur périple jusqu’à Puenta la Reina. Je me retrouve seule. Je fais un petit tour de Artieda à lente vitesse. Je ne croise personne.

A l'aquarelle, vue sur la partie d'une façade de maison ancienne : au rez-de-chaussé la porte en bois d'une grange, au dessus une baie vitrée à moitié cachée par un volet rouge. Sur le côté gauche, un étroit escalier semble mener à une petite remise dont la porte est percée.
Artieda (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 20 septembre 2017

Je m’installe à l’entrée du refuge. En face, une maison en pleine restauration. Je la croque en gommant les échafaudages. Là est le principal avantage de l’aquarelle sur la photo. Je peux interpréter librement. Puis, je déménage. Je m’installe dos au refuge, côté restaurant, la vue sur la plaine est splendide. Elle est à perte de vue. En cette fin de matinée, l’éclairage du soleil se porte sur les reliefs. 

A l'aquarelle, paysage très large avec des montagnes éclairées en fond.
Artieda (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 20 septembre 2017

Dans l’après-midi, après une sieste réparatrice, je jette mon dévolu sur l’entrée du restaurant du refuge dans l’attente de l’arrivée de marcheurs et de l’ouverture. Par chance, ce soir il y a peu de monde. Je partage le dortoir avec un jeune autrichien peu disposé à parler. Il dort tout l’après-midi. Au lendemain, il se lève très tôt et part dès 5h du matin. J’apprends qu’il fait plus de 40 km par jour en courant… Chacun vit l’aventure en fonction de ses propres attentes et de sa propre personnalité. Il y a autant de Chemin que de personnes qui l’empruntent.

A l'aquarelle, habitat traditionnel. Sous une terrasse, une porte en bois, devant sur la droite un banc en bois et une chaise en plastic rouge, à gauche un parasol bleu et une plante grimpante en pot. La rue descend et tourne vers la gauche au niveau de la terrasse.
Albergue de Artieda (Saragosse / Zaragoza – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 20 septembre 2017

Etape 8

  • 19 septembre
  • 31,9 km
  • Santa Cilia de JacaArtieda

La journée s’annonce longue. Les hospitaliers de Santa Cilia de Jaca, nous avertissent, nous avons 31,4 km à parcourir. A la sortie de Puente la Reina de Jaca, le vent se lève. C’est le Cierzo. Il est fort. Il est de face. Le soleil chauffe. Je marche sur le macadam. Ma jambe droite commence à me lancer sur le devant du tibia. Je m’assieds dans un champs, contre un bâtiment agricole. Il m’abrite du vent. En même temps, je repose ma jambe douloureuse. Je me demande ce qui m’arrive. Plus loin, Roberto et Tais m’invitent à une «pause technique », le pique-nique. Je leur parle de cette étrange douleur. Suivant leur diagnostic, c’est le début d’une tendinite. Je serre trop fort les lacets de mes chaussures. Pour sûr, tous les matins, je suis tellement contente que je lasse mes chaussures avec beaucoup d’énergie. Trop d’énergie… Pour l’instant, j’ai encore 20 km à assurer.

A l'aquarelle, un champ entrain d'être labouré par un tracteur. La terre est ocre. Sur la droite, il est bordé par une route qui part au loin et par une ligne électrique. En fond, des collines dans des tons de vert
Puente la Reina de Jaca (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 19 septembre 2017

Nouvel arrêt face à un tapis de fleurs violettes. Je remarque qu’il leur manque le pistil et les étamines. Ils ont été ramassés. Hier, un marcheur espagnol qui m’a accompagnée une petite heure, m’a expliqué que cette fleur est le safran du pauvre. Les gens ramassent le coeur de la fleur. Mais les vertus sont moindre que celles du vrai safran. Je finis mon premier carnet d’aquarelles. Mon étape se poursuit sous le soleil avec un vent contraire.

A l'aquarelle, ensemble de fleurs violettes de type crocus. Les fleurs sont posées à même le sol.
Martes (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 19 septembre 2017

A la sortie d’une grande traversée désertique, sur un chemin sinueux, sans ombre et d’une longueur interminable, une fontaine ! Quel bonheur de la voir couler avec vigueur. Pourtant, je n’ai pas manqué d’eau de la journée. La fraîcheur et la musique véhiculées me remplissent de joie. Alors, je m’assieds là. Ma jambe semble aller mieux. J’étais sur un sentier de terre. Quand je reprends la marche, c’est à nouveau sur du goudron. Très vite, la douleur se réveille. Elle ne me quitte plus jusqu’à Artieda que j’atteins vers 19h. En ôtant mon pantalon, je ne peux que constater le volume de ma jambe. Au niveau de l’inflammation, une immense plaque rouge s’est installée. Le conseil donné par tous est une journée de repos.

A l'aquarelle, fontaine en pierres taillées. Elle est tout en longueur comme un vieil abreuvoir. L'eau sort par un des deux tuyaux d'écoulement. Au dessus est écrit "fuente de San Martin"
Fuente de San Martin, Mianos (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 19 septembre 2017

Etape 7

  • 18 septembre
  • 21,5 km
  • Castiello de JacaSanta Cilia de Jaca

Je démarre la marche sous la pluie mais le temps se lève rapidement. L’itinéraire est fort désagréable. Il longe une route à grand passage. Le bruit de la circulation et la proximité de la route me stressent. Mon regard est totalement dénaturé par cette ambiance. Pourtant à Jaca, les habitants me surprennent. Beaucoup remplacent le « Buenos dias ! » par un « Buen camino ! » Cette expression est celle du Chemin. Je la découvre. Tout le monde se salue ainsi, même les marcheurs entre eux. Après une visite de la cathédrale, je reprends ma route. Alors que je fais une courte halte à la sortie de la ville pour ranger des bananes dans mon sac à dos, un vieil homme passe devant moi. Brusquement, il fait demi-tour. Il m’interpelle sans ménagement et avec insistance. Je n’entends pas le « Buen camino ! »

-Tu es seule ?

-…

-Tu fais le chemin seule ?

-Oui

-Où es ton mari ?

-…

-Es-tu mariée ?

-…

-Une femme doit être mariée. Où est ton mari ?

– C’est ma vie, ça ne te regarde pas !

Je ne lui laisse pas le temps de rétorquer. Je file. Il m’a mise en colère. Je peste. Mon irritation est propice à l’accélération de mes pas. Calmée, je dessine ma première aquarelle après 5h de marche.

A l'aquarelle, paysage sous un ciel chargé
Jaca (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 18 septembre 2017

Au refuge de Santa Cilia de Jaa, je retrouve Roberto et Taïs. Ensemble, nous faisons les courses dans l’arrière boutique du bar du village, il n’y a pas d’épicerie. Roberto se désigne cuisinier. J’apprends qu’il n’est pas catalan mais italien devenu catalan par amour. Roberto a rencontré Taïs sur le Camino Francés. Quelques années après, il l’a rejointe à Barcelone. Depuis, chaque fois qu’il le peut, le couple fait un petit pèlerinage de 8 à 15 jours, sur un tronçon du Chemin. En vrai italien, Roberto nous prépare des pâtes « al dente ». Pendant qu’il cuisine, je file peindre car je suis insatisfaite de ma journée. De la fenêtre du dortoir, j’ai repéré une vue. Au loin, la montagne est éclairée par le soleil couchant. Je me rends à l’orée du village. Pour me protéger du vent froid, je m’installe dans un abri-bus.

A l'aquarelle, vue sur une montagne en arrière plan, éclairée par le soleil. En premier plan, une clôture derrière laquelle des moutons broutent
Santa Cilia  (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 18 septembre 2017

Etape 6

  • 17 septembre
  • 23,1 km
  • Col du SomportCastiello de Jaca

Du col du Somport, l’horizon est dégagé. La vue, mise en aquarelle la veille, n’a plus le même rendu. Le ciel bleu en fond laisse présager une belle journée. Pour le moment, je descends dans le vent et le froid. Mes sens restent en éveil. Je m’arrête net devant une cascade du rio Aragon. Le décor est idyllique. Tous les randonneurs, qui circulent dans les deux sens, font de même : arrêt sur image. Le temps de saisir l’aquarelle, un couple d’Espagnols, vu la veille au refuge du Somport, échange quelques mots. Ce soir, il s’arrête à Castiello de Jaca. Mon projet est de m’arrêter avant, à Villanùa. Dans la discussion, mon pinceau le plus fin tombe à l’eau. Il passe entre les lattes car je suis assise sur la passerelle en bois qui enjambe le torrent. Il faut que je fasse attention à mon matériel. Quand je repars, je suis glacée. Je sais que la marche va me réchauffer. Mais, l’humidité et le vent ne sont pas mes amis.

A l'aquarelle, vue plongeante sur un torrent
Rio Aragon ( Canfranc – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 17 septembre 2017

En sortant des sous-bois, sous Canfranc, une battue. Même si mon itinéraire ne semble pas faire partie du territoire des chasseurs, je ne marche pas d’un pas assuré. Je m’assieds bien vue des chasseurs pour ne pas me faire tirer comme un lapin. Je peins la falaise qui me fait face avant de rejoindre Villanùa. Quand j’y arrive, le gite, plus communément désignée albergue, est fermé pour une semaine : congés annuels. Nous sommes dimanche, le village est désert. Seule, la terrasse du café est un peu animée. Là, j’apprends que le second refuge de Villanùa a également portes closes. L’unique solution est de me rendre au village suivant à quelques 6 km. Il est 17h. Passées quelques secondes de découragement, je me reprends. J’ai un peu de temps devant moi, mais j’accélère le pas.

A l'aquarelle, falaise très arborée de pins et autres arbres
Canfranc – (Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 17 septembre 2017

Avant l’entrée de Castiello de Jaca, un refuge est signalé. Le détour du Chemin est de 50 m, je le fais volontiers. Ma devise est simple : à la première albergue rencontrée, je frappe à la porte pour demander le gite. Elle est ouverte ! Assis à l’entrée extérieure, j’y retrouve le couple d’Espagnols du matin, des Catalans, Roberto et Tais. Avec un autre espagnol, nous faisons dortoir commun. En attendant l’heure du repas, je reste dehors avec eux. Ils entendent les cerfs. Ils me permettent d’identifier leurs brames. Je suis subjuguée. Dans cette ambiance, posée mais heureuse, la petite cabane du fond du jardin prend une toute autre saveur. Mes pinceaux sont le reflet de mon âme.

A l'aquarelle, petit cabanon caché par un arbre rosé
Castiello de Jaca – (Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 17 septembre 2017

Etape 5

  • 16 septembre
  • 17,7 km
  • Borcecol du Somport 

Quand je prends la route, il fait 4°. Le ciel est dégagé. A l’entrée de Urdos, un bruit d’éboulis de cailloux dans une gravière me fait lever la tête. Deux isards montent dans l’ombre sur le versant est. Plus loin, à la sortie du village, les premiers rayons de soleil atteignent le fond de la vallée. Après une rude montée, versant ouest, les rayons m’attendent comme une récompense à mes efforts. Je repère une pierre sur laquelle je me pause. J’allie le plaisir de peindre à celui de me chauffer au soleil. Un vrai petit bonheur m’envahit.

A l'aquarelle, en premier plan, un portail de bois barre un chemin. A gauche les balisages du GR (rouge et blanc) et du chemin (une croix jaune)
Urdos (64 – France), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 16 septembre 2017

Avant que je passe sur l’autre versant de la vallée d’Aspe, le ciel se couvre. La perspective qui s’ouvre sur les hauteurs n’est pas encore totalement voilée. Au détour du sentier, elle s’offre à mes pinceaux. Je saisis cette vue exceptionnelle. Je fais face à ma destination. Demain, j’aurai franchi cette barrière naturelle.

A l'aquarelle, une perspective sur la chaine des Pyrénées bouchée par une barrière de nuages
Urdos (64 – France), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 16 septembre 2017

La pluie se met à tomber à verse alors que je suis à Peyranère, non loin du col du Somport. Arrivée au passage du col, je décide de m’arrêter dans l’unique refuge. Je ne veux pas entamer la descente avec ce temps, je n’ai aucune envie de glisser sur les pierres. Le ciel se calme alors que je m’attable dans la salle de restauration. Les nuages s’ouvrent, la vue sur l’Aragon se dégage partiellement.

Les dortoirs du refuge se remplissent progressivement. Pour la première fois depuis le début de mon aventure, je rencontre d’autres personnes qui suivent ma direction ou une partie. Il y a de nombreux Espagnols, un Allemand parti de Hambourg en trottinette, un couple franco-québécois… Les échanges se limitent à quelques sourires. Plus tard, je découvre que les Espagnols présents ce soir-là démarrent leur aventure. De Canfranc station, ils sont montés en bus pour redescendre dès le lendemain à pied. Certains vont jusqu’à Compostelle, d’autres marchent durant une semaine ou deux.

A l'aquarelle, vue sur la descente espagnole du col du Somport
Col du Somport (France – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 16 septembre 2017