Etape 23

  • 4 octobre
  • 17,3 km
  • Villamayor del RioVillafranca Montes de Oca

Tout le tronçon met mes nerfs à rude épreuve. Je longe toujours la N120. Même en partant de bonne heure, avant 8h du matin, la circulation est intense. Le brouillard s’est également imposé. Dès qu’il se lève pour laisser place au soleil, je me pose sous les rayons pour me réchauffer un peu et pour peindre. Aujourd’hui, j’ai froid. Depuis la traversée des Pyrénées, c’est la première fois que je sors ma doudoune en cours de marche. Celle-ci a de multiples fonctions : pull, veste d’appoint, coupe-vent… Je la mets directement par dessus ma chemise de coton. Je n’ai rien d’autre pour me tenir chaud et elle remplit parfaitement son rôle.

A l'aquarelle, un chemin part de la droite vers la gauche pour tourner vers la droite et se perdre dans un bosquet d'arbres de diverses essences (plusieurs volumes et différentes tonalités : rouge, jaune or, vert pale, vert foncé...) Sur la ligne d'horizon, de la gauche descentes des collines qui se perdent derrière le bosquet.
Tosantos (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 4 octobre 2017

Une heure plus tard, je l’ôte. Le soleil domine. Je reste en chemise de coton à manches longues. Elle me préserve du soleil ou des insectes et me protège des petites fraicheurs. Assistée de la doudoune, je n’ai pas besoin de plus. Ma garde-robe est réduite au minimum pour pallier au poids des carnets de dessin. Je suis partie de Lescar avec 8 blocs de près de 300 gr chacun.

Dans le petit village de Villambistia, un lieu d’accueil apporte un peu de repos aux oreilles. La terrasse est large, bien exposée, ouverte sur la campagne et elle tourne le dos à la route que je retrouve immédiatement après.

A l'aquarelle, de la droite à mi hauteur, une pente descend vers la gauche et s'arrête à un tiers. Cette ligne marque un premier champs. Sur sa crête légèrement à droite, un petit cabanon avec à l'entrée gauche, deux petits arbres. derrière, la colline
Villambistia (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 4 octobre 2017

Le refuge de Villafranca Montes de Oca a une double casquette : hôtel 3 étoiles et refuge… J’y entre par l’entrée principale, je suis impressionnée. Je ne sais pas trop quelle attitude adopter. Cette subite exposition de confort me dérange. Je n’y suis plus habituée. Mon quotidien est devenue spartiate. Après quelques minutes d’attente, je me familiarise avec le lieu, tout rentre dans l’ordre.

– Avez-vous un lit ?

– …

Sans hésitation, la standardiste « muette » prend ma credencial. Elle sort le tampon de l’hôtel et l’y appose. Egalement, à ma demande, elle le met sans sourciller au dos de mes aquarelles du jour. Plus tard, alors que je dessine l’entrée côté refuge, elle vient discuter. Elle regarde les dessins du carnet. Elle est séduite.

A l'aquarelle, un portail monumental. Les battants en bois sont ouverts. Ils sont surmontés d'une étroite toiture de tuilles. Ils ont encadrés par des rosiers aux fleurs rouges. Au delà du portail, un arbre est suggéré par son tronc
Vilafranca Montes de Oca (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 4 octobre 2017
Publicités

Etape 22

  • 3 octobre
  • 23,9 km
  • CirueñaVillamayor del Rio

Passer Santo Domingo de la Calzada et les couleurs changent. La terre perd son ocre rouge. La vigne disparaît pour laisser place à des cultures céréalières déjà moissonnées. Dorénavant, j’évolue dans des ocres jaunes ou dans des siennes. Quelques kilomètres plus loin, je change de région. Une grande borne signale l’entrée dans la Castille del Leon… Malgré cette évolution paysagère, la nature est toujours aussi belle. Un seul bémol, je surplombe la N120 qui la met en musique sans harmonie.

A l'aquarelle, paysage de collines. En premier plan, à gauche, un bouquet d'arbres qui commence jaunir. De là, part vers le fond à droite, la limite d'un champ qui se termine par un nouveau bosquet aux mêmes couleurs. Derrière, une colline aux tonalités sienne / rouge s'élève.
Santo Domingo de la Calzada (La Rioja – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 3 octobre 2017

La N120 est bruyante. Pour la marcheuse que je suis, elle est source de stress. Quand je la dessine, je suis loin de me douter que je vais la suivre durant toute la fin de l’étape. En contrebas, le ballet des camions est incessant. Puis, le Chemin descend et se colle à la route. C’est infernal ! Dans tous les livres de photographies ou de peinture sur le sujet que j’ai consultés avant de partir, je n’ai pas pris conscience de ce désagrément. Mon regard s’est projeté dans la beauté des images. J’en ai tiré une interprétation très personnelle, synonyme de tranquillité, de quiétude. Aujourd’hui, je suis loin de cet idéal. La modernité et ses inconvénients sont extrêmement présents, bien loin des préceptes véhiculés par le Chemin historique.

A l'aquarelle, passé le premier plan, des terrains qui descendent et s'arrêtent à la limite d'une route. Sur la voie, 3 camions et un voiture circulent. De gauche à droite, un camion jaune vers la gauche, un camion vert vers la droite, une voiture grise et un camion rouge vers la gauche. Du bord de la chaussée, partent des champs, délimités en fond par une haie arbustive vert pomme. Au delà, une colline.
Pedecilla del Campo (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 3 octobre 2017

Surprise, au refuge je retrouve Georges que je n’avais pas vu depuis la veille. Nous sommes dans le même dortoir. Avec nous, il y a également Olga ainsi qu’une Italienne, Maria-Rosa. Partie à pied de Puente la Reina, cette dernière rejoint Atapuerca pour y tenir bénévolement un refuge pendant une semaine.

A Villamayor del Rio, l’albergue est agréable, elle est en retrait de la route, à 100 m. L’environnement n’est pas au top, alors je repère une des paires de chaussures qui s’aèrent au soleil et la croque. Ce sont celles de Georges. Il est très fier de mon choix et il ne peut s’empêcher une pointe d’humour :

– Heureusement, la peinture ne transmet pas les odeurs !

Ce soir, autour de la table, nous sommes neuf de six nationalités : un couple de danois, un couple d’allemands, une Colombienne, une Italienne, un Portugais et 2 Français (Georges et moi). Comme tous les autres soirs, les échanges se font principalement en anglais et en espagnol. Pour que Georges se joigne à nous, je m’improvise interprète. Depuis Monreal, Georges est le seul français que je croise.

A l'aquarelle, en bordure d'une margelle de terre cuite, une paire de chaussures. Sur la partie gauche, 4 pots de plantes. Le talon des semelles de la paire sont posés, contre les pots. Les chaussures sont de profil orientées vers la droite.
Villamayor del Rio (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 3 octobre 2017