Etape 43

  • 24 octobre
  • 30 km
  • MercadoiroPalas del Rei

L’albergue ne sert le petit déjeuner qu’à 8h. Avec mes colocataires de la nuit, Regina et Pary, nous estimons que c’est un peu tard. A 7h30, éclairées par la lampe frontale de Pary, nous partons. Nous prendrons une collation plus loin. Le ciel est dégagé. Nous apprécions la beauté du plafond étoilé. Quand l’aube se lève, de petites mers de nuages remontent du fond des différentes vallées de Galice. Pary est émerveillée. La Californie ne lui offre pas ce type de spectacle. Le paysage ressemble à une estampe japonaise. Un peu plus tard dans la matinée, chacune adopte son propre rythme. Je marche près de 20 km avant de pouvoir m’arrêter. Je suis sur une crête. Je me crois sur le toit de la Galice. La vue est superbe mais très ventée.

A l'aquarelle, vue sur la plaine...
Hospital da Cruz (Galice – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 24 octobre 2017

En redescendant, je croise de nombreuses essences d’arbres. Nombre d’entre eux sont âgés : des châtaigniers, des chênes ou des hêtres. Leur puissance discrète force le respect. Ce matin, j’ai traversé une petite zone incendiée. Il y en avait quelques uns âgés mais brûlés. Cela m’a retournée, mon estomac s’est noué. Quel gâchis !

J’ai prévu de m’arrêter à Portos, une petite auberge en pleine campagne. Il est 17h. Je suis accueillie par une porte close. Dessus, un petit panneau : « Fermé ».  Je suis contrariée. Je n’ai pas le choix. Je reprends la marche pour une gosse heure sans croiser âme qui vive. Palas del Rei est à 5 km. Quand j’arrive, la ville est animée, elle dispose nombreux refuges. Tout le flot de pèlerins de ce matin doit être là et je suis une des dernières à être accueillie dans l’un d’entre eux. Ce soir, je n’ai pas le temps de peindre ma troisième aquarelle…

A l'aquarelle, gros plan sur un arbre. L'ensemble du trouc, puis le début des branchages parsemé de petits ensembles de feuilles aux tonalités vertes. Le tronc est au centre, il prend le tiers de la feuille.
Ligonde (Galice – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 24 octobre 2017
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Etape 42

  • 23 octobre
  • 20 km
  • San Mamede do CamiñoMercadoiro

Depuis Puente la Reina, je qualifie le Chemin d’autoroute du pèlerin. Mais, là, après Sarria, je ne sais plus quel dénominateur utiliser. Il y a encore plus de monde. Il y a de nombreux groupes, aux caractéristiques de troupeaux. Ils avancent sans un regard autour d’eux. Ils semblent quasiment indifférents au reste du monde. Le Chemin est devenu bruyant, tumultueux. Mais il est vivant. Cette affluence dans un environnement rural est assez surréaliste.

Je découvre les greniers à grains typiques de la Galice. Ils sont nombreux. Celui de Leda est immense. Il a la particularité d’être dans un champs dont l’accès s’ouvre sur la petite route que je sillonne. Je pousse la grille d’un vieux portail. Il n’est pas fermé. Je m’assieds à la base d’un muret, au pied d’un pommier bien garni. Ainsi isolée, je suis légèrement à l’abri des regards de la foule de marcheurs. Quelques malins en profitent. Ils pénètrent dans le champ pour cueillir une belle pomme rouge. Je retrouve Regina. Elle marche avec Pary, une Californienne. Hier après-midi, elles ont eu un coup de pompe. Elles se sont arrêtées juste avant San Mamede do Camiño.

A l'aquarelle, un grenier à grains typique de la Galice. Il est posé sur 4 pieds en pierres, alignés à égale distance sous la longueur du grenier. Ce dernier est habillé de lates en bois, verticales peintes en rouge. Sur la gauche, 2 arbres maquent son départ. sur la droite, un début de champs.
Leda (Lugo – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 23 octobre 2017

La campagne est verte, très boisée. Les parcelles agricoles ne sont pas grandes. Elles sont délimitées par des haies de pierres ou par des taillis. Les clôtures sont encore artisanales. Les portails également apportant un charme singulier au paysage. Il y a de nombreuses essences dont beaucoup de châtaigniers. Depuis la montée vers El Cebreiro, les bogues jonchent le sol. Régulièrement, je croise des ramasseurs. Ils sont repérables : un seau ou un panier sous le bras, des gants de caoutchouc épais aux mains. Bizarrement, aucune albergue a inscrit la châtaigne à son menu.

A l'aquarelle, un champs fermé dans le fond par deux murets de pierre qui se succèdents, puis une haie d'arbres. En premier plan, à l'entrée du champs, sur la gauche, un petit massif d'herbes. Sur la droite, une barrière en bois
Ferreries (Galice – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 23 octobre 2017

J’ai un nouveau coup de coeur. A Mercadoiro, l’auberge est à l’écart d’un village, seule, en pleine campagne. Ici, tout est calme. Etant donné que je me suis déjà arrêtée deux fois pour peindre, la foule du matin s’est estompée. Apparemment, elle est plus attirée par le gros bourg qui est à 5 km. Arrivée à l’accueil, je suis surprise. Il y a Regina et Pary qui prennent leur lit, alors que je ne les ai pas vues depuis Leda. Nous sommes presque synchronisées. Nous sommes peu nombreux. En dehors de Regina, Pary et moi, il y a une Danoise, un Anglais, un couple d’Australiens et une jeune Allemande.

A l'aquarelle, de face, une bâtisse sur le mur de laquelle, une flèche jaune, caractéristique du Chemin, est peinte, pointe vers la gauche. En premier plan, un chemin passe, il descend. Sur le mur porteur repose une petite construction de type cellier. La toiture et la petite façade sont arrondies sur l'angle gauche. Côté droit, la végétation semble prendre appui sur le mur principal ouvert sur l'étage de deux fenêtres.
Mercadoiro (Galice – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 23 octobre 2017