Edition d’un carnet d’aquarelles

COUV face A
« Sur le Chemin… », carnet d’aquarelles, page de couverture, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, 2018

Bonjour,

Il y a un an, sac sur le dos, je fermais la porte de mon domicile pour partir sur le Chemin de Compostelle avec deux objectifs très précis :

– rejoindre la fin des terres en Espagne,

– peindre à l’aquarelle tout au long de mon cheminement.

Pari tenu en 50 jours, 144 aquarelles et plus de 1000 km !

Pour moi, le Chemin de Compostelle est avant tout un espace de liberté et de rencontres : rencontre avec soi, rencontre avec les autres et leurs cultures, rencontre avec la nature…

Souhaitant prolonger et partager cette expérience, en février dernier, j’ai ouvert ce blog,

Puis, cette aventure a pris la forme d’un ouvrage. Mis en page par mes soins, il présente l’intégralité des aquarelles accompagnées de quelques courts textes.

Pour m’aider à éditer l’ouvrage, je vous invite à soutenir son impression en suivant le lien sur la plateforme Leetchi : Carnet d’aquarelles

Pour éditer 100 ouvrages, j’ai besoin de 2500 €. Si vous m’accorder une cagnotte supérieur, j’éditerai plus d’ouvrages, pour que vous receviez tous votre/vos ouvrage(s).

Un grand merci à vous.

Buen Camino !

page 12 du carnet d'aquarelles présente les aquarelles de Estialescq et de Goès
Carnet d’Aquarelles, « Sur le Chemin…  » : page 12, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, Art et Environnement, 2018
Extrait du carnet d'aquarelles, l'aquarelle de Castiello de Jaca est en plein page
Carnet d’Aquarelles, « Sur le Chemin…  » : page 21, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, Art et Environnement, 2018
Carnet d'Aquarelles, page 22, Jaca
Carnet d’Aquarelles, « Sur le Chemin…  » : page 22, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, Art et Environnement, 2018
Carnet d'Aquarelles, page 48, les deux aquarelles de Najera
Carnet d’Aquarelles, « Sur le Chemin…  » : page 48, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, Art et Environnement, 2018
Carnet d'Aquarelles, page 61, les deux aquarelles de l'Ermita San Nicolás
Carnet d’Aquarelles, « Sur le Chemin…  » : page 61, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, Art et Environnement, 2018
Carnet d'Aquarelles, page 100, aquarelle pleine de page de la Playa de Estorde, site écrit sur le bas de l'aquarelle en noir bordé de blanc. Sur la gauche écrit dans la largeur de l'aquarelle, camino a finisterre de couleur bleu
Carnet d’Aquarelles, « Sur le Chemin…  » : page 100, aquarelles, texte et mise en page Cécile Van Espen, Art et Environnement, 2018
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Etape 7

  • 18 septembre
  • 21,5 km
  • Castiello de JacaSanta Cilia de Jaca

Je démarre la marche sous la pluie mais le temps se lève rapidement. L’itinéraire est fort désagréable. Il longe une route à grand passage. Le bruit de la circulation et la proximité de la route me stressent. Mon regard est totalement dénaturé par cette ambiance. Pourtant à Jaca, les habitants me surprennent. Beaucoup remplacent le « Buenos dias ! » par un « Buen camino ! » Cette expression est celle du Chemin. Je la découvre. Tout le monde se salue ainsi, même les marcheurs entre eux. Après une visite de la cathédrale, je reprends ma route. Alors que je fais une courte halte à la sortie de la ville pour ranger des bananes dans mon sac à dos, un vieil homme passe devant moi. Brusquement, il fait demi-tour. Il m’interpelle sans ménagement et avec insistance. Je n’entends pas le « Buen camino ! »

-Tu es seule ?

-…

-Tu fais le chemin seule ?

-Oui

-Où es ton mari ?

-…

-Es-tu mariée ?

-…

-Une femme doit être mariée. Où est ton mari ?

– C’est ma vie, ça ne te regarde pas !

Je ne lui laisse pas le temps de rétorquer. Je file. Il m’a mise en colère. Je peste. Mon irritation est propice à l’accélération de mes pas. Calmée, je dessine ma première aquarelle après 5h de marche.

A l'aquarelle, paysage sous un ciel chargé
Jaca (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 18 septembre 2017

Au refuge de Santa Cilia de Jaca, je retrouve Roberto et Taïs. Ensemble, nous faisons les courses dans l’arrière boutique du bar du village, il n’y a pas d’épicerie. Roberto se désigne cuisinier. J’apprends qu’il n’est pas catalan mais italien devenu catalan par amour. Roberto a rencontré Taïs sur le Camino Francés. Quelques années après, il l’a rejointe à Barcelone. Depuis, chaque fois qu’il le peut, le couple fait un petit pèlerinage de 8 à 15 jours, sur un tronçon du Chemin. En vrai italien, Roberto nous prépare des pâtes « al dente ». Pendant qu’il cuisine, je file peindre car je suis insatisfaite de ma journée. De la fenêtre du dortoir, j’ai repéré une vue. Au loin, la montagne est éclairée par le soleil couchant. Je me rends à l’orée du village. Pour me protéger du vent froid, je m’installe dans un abri-bus.

A l'aquarelle, vue sur une montagne en arrière plan, éclairée par le soleil. En premier plan, une clôture derrière laquelle des moutons broutent
Santa Cilia  (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 18 septembre 2017

Etape 6

  • 17 septembre
  • 23,1 km
  • Col du SomportCastiello de Jaca

Du col du Somport, l’horizon est dégagé. La vue, mise en aquarelle la veille, n’a plus le même rendu. Le ciel bleu en fond laisse présager une belle journée. Pour le moment, je descends dans le vent et le froid. Mes sens restent en éveil. Je m’arrête net devant une cascade du rio Aragon. Le décor est idyllique. Tous les randonneurs, qui circulent dans les deux sens, font de même : arrêt sur image. Le temps de saisir l’aquarelle, un couple d’Espagnols, vu la veille au refuge du Somport, échange quelques mots. Ce soir, il s’arrête à Castiello de Jaca. Mon projet est de m’arrêter avant, à Villanùa. Dans la discussion, mon pinceau le plus fin tombe à l’eau. Il passe entre les lattes car je suis assise sur la passerelle en bois qui enjambe le torrent. Il faut que je fasse attention à mon matériel. Quand je repars, je suis glacée. Je sais que la marche va me réchauffer. Mais, l’humidité et le vent ne sont pas mes amis.

A l'aquarelle, vue plongeante sur un torrent
Rio Aragon ( Canfranc – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 17 septembre 2017

En sortant des sous-bois, sous Canfranc, une battue. Même si mon itinéraire ne semble pas faire partie du territoire des chasseurs, je ne marche pas d’un pas assuré. Je m’assieds bien vue des chasseurs pour ne pas me faire tirer comme un lapin. Je peins la falaise qui me fait face avant de rejoindre Villanùa. Quand j’y arrive, le gite, plus communément désignée albergue, est fermé pour une semaine : congés annuels. Nous sommes dimanche, le village est désert. Seule, la terrasse du café est un peu animée. Là, j’apprends que le second refuge de Villanùa a également portes closes. L’unique solution est de me rendre au village suivant à quelques 6 km. Il est 17h. Passées quelques secondes de découragement, je me reprends. J’ai un peu de temps devant moi, mais j’accélère le pas.

A l'aquarelle, falaise très arborée de pins et autres arbres
Canfranc – (Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 17 septembre 2017

Avant l’entrée de Castiello de Jaca, un refuge est signalé. Le détour du Chemin est de 50 m, je le fais volontiers. Ma devise est simple : à la première albergue rencontrée, je frappe à la porte pour demander le gite. Elle est ouverte ! Assis à l’entrée extérieure, j’y retrouve le couple d’Espagnols du matin, des Catalans, Roberto et Tais. Avec un autre espagnol, nous faisons dortoir commun. En attendant l’heure du repas, je reste dehors avec eux. Ils entendent les cerfs. Ils me permettent d’identifier leurs brames réparant mes frustrations passées. Je suis subjuguée. Dans cette ambiance, posée mais heureuse, la petite cabane du fond du jardin prend une toute autre saveur. Mes pinceaux sont le reflet de mon âme.

A l'aquarelle, petit cabanon caché par un arbre rosé
Castiello de Jaca – (Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 17 septembre 2017