Etape 28

  • 9 octobre
  • 26,1 km
  • Ermita San NicolásVillarmentero de Campos

Après la traversée désertique d’un autre plateau de la Meseta, à la sortie de Boadilla del Camino, je tombe en extase devant une allée de peupliers qui borde des fossés d’irrigation. De l’eau ! Sous le feu du soleil, les arbres aux feuilles jaunes sont très lumineux. Ils éclairent tout l’environnement. L’enfilade d’arbres se poursuit jusqu’à Frómista. Les fossés deviennent des canaux. Je les longe. La marche prend une tournure très agréable. J’apprécie ce petit havre de fraicheur. A l’entrée de Frómista, un jeu d’écluses amène un peu d’animation. Passé la ville, de nouveau une contre-allée rectiligne. Elle colle à une voie rapide et est bruyante. Elle est dénuée de toute ombre.

A l'aquarelle, une allée de peupliers, sur la gauche, elle part quasi rectiligne vers le fond. Sur la droite, elle part de la bordure droite du dessin pour rejoindre l'allée gauche en profondeur. Côté droit, les peupliers ne sont présents qu'à mi-allée. Sur le droit les champs sont mordorés, bordés à l'horizon d'arbres aux couleurs d'automne. L'ombre des peupliers de gauche se reporte sur le chemin, parallèle à la ligne d'horizon.
Boadilla del Camino (Burgos – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 9 octobre 2017

Depuis plus d’une heure, j’avance sur une ligne droite sans fin. Le soleil est au zénith. Oh, miracle ! Un bosquet. Je le repère de loin. Automatiquement, je sais que je vais m’y installer. Il n’est pas clôturé alors je m’y engouffre avec frénésie. L’ombrage est léger mais efficace. Dessous, il y fait bon. J’en profite pour sortir mon atelier ambulant. Je préfère peindre sous le couvert des arbres que en pleine canicule. Depuis deux jours, je dessine essentiellement sous le soleil. L’exercice est dur pour le corps et plus particulièrement pour mes yeux qui doivent lutter contre la violence de la réverbération des feuilles blanches. Egalement, la luminosité déforme ma perception de l’intensité des couleurs posées sur le papier. Souvent, je m’oriente pour me protéger. Parfois, ce n’est pas possible. Là, je n’ai aucun problème de la sorte. L’ombre diffuse des arbres est une belle alliée.

A l'aquarelle, une hétraie. Plusieurs arbres, éclairés par le soleil, leur ombre est légère. La terre est ocre, le ciel n'est pas visible. Le feuillage est vert jaune.
Villarmentero de Campos (Palencia – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 9 octobre 2017

Sur le plateau, l’albergue, avec ses deux tipis, se repère de loin. Ces derniers ne font pas partie de l’architecture véhiculée par le Chemin. Après une nuit dans un bâtiment historique, la fantaisie exprimée si ouvertement m’attire. Quel contraste ! L’accueil est à l’image du site. Les hospitaliers sont joyeux. Heureux de tout. Leur sourire semble imprimé sur leur visage… Je suis accueillie par une effusion d’embrassades. Lors de mon installation, le dortoir est vide. Avec Claire, une irlandaise croisée une première fois à Hontanas, nous ne sommes que deux. J’apprécie. Je ne sors pas mes bouchons d’oreilles. La nuit promet d’être reposante.

A l'aquarelle, deux tipis, de toile blanche, sont posés sur le sol, l'un à gauche, l'autre au centre du dessin. En premier plan, sur la droite, deux oies grises au bec orange. Dans l'alignement du tipi central, un peuplier ferme l'aquarelle sur la droite. Derrière les tipis, la ligne d'horizon est marquée par une haie arbustive. Le ciel est pâle.
Villarmentero de Campos (Palencia – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 9 octobre 2017
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Etape 27

  • 8 octobre
  • 19,1 km
  • HontanasErmita San Nicolas

Des Américains du Minnesota partent à 6 h. Ils adorent marcher de nuit et dans la fraîcheur. Ils viennent d’une région froide. Malgré leur discrétion, ils réveillent tout le dortoir. De mon côté, même si j’ai les yeux ouverts, je m’octroie une petite grasse matinée, je me lève à 6h30. La canicule est annoncée, alors je pars à la fraîche. Je m’arrête quand le soleil commence à chauffer. Je trouve un peu d’ombre. Je suis à la sortie de Castrojeriz. Le sentier passe au dessus d’un marais grâce à un ouvrage surélevé. La plupart des marcheurs ne le remarquent pas. Ils l’empruntent sans le voir. Pour une fois, je sors du tracé. Je m’éloigne de 10 petits mètres pour bénéficier d’une vue sur la perspective et sa succession d’arches.

A l'aquarelle, deux marcheurs (une femme pull bleu en tête, suivie d'un homme à casquette rouge et pull vert kaki, tous les deux un sac sur le dos et des bâtons de marche) sont sur un pont dont 5 arches romans sont visibles. Dessous, des chardons et autres végétaux poussent. La terre est ocre.
Castrojeriz (Burgos – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 8 octobre 2017

Sur les différents documents consultés, l’Ermita San Nicolas ferme dès l’arrivée des premières pluies, fin septembre. Cette année, les prémices de l’automne se font attendre sur la Meseta. A cette période, nous devrions évoluer dans le mauvais temps, le froid voire la neige… Changement climatique ? Du fait du temps, les hospitaliers italiens prolongent exceptionnellement l’ouverture jusqu’au 12 octobre. J’ai entendu parler de ce lieu d’exception. Sans hésiter, alors qu’il est tôt dans l’après-midi, 14h30, je m’arrête. Je demande à y dormir. Pour passer le temps, je peins. La jeune Polonaise, Malgo arrive en fin d’après-midi. Je l’ai perdue de vue depuis notre pause partagée à l’entrée de Cirauqui. Nous sommes contentes de nous revoir. Ce soir, nous partageons la soirée avec deux Italiens dont un prêtre, un Espagnol, une Polonaise, une Néerlandaise, un Hongrois et une Française, moi.

A l'aquarelle, les parements d'un bâtiment de pierre, avec au centre, un contrefort. Les arcs de fenêtres murées sont arrondis.
Ermita San Nicolas (Burgos – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 8 octobre 2017

A la tombée du jour, le prêtre-pèlerin propose un office religieux auquel je ne me rends pas. Le repas suit autour d’une immense table éclairée à la bougie. Il n’y a pas d’électricité. Fait rare, les hospitaliers partagent le diner, qu’ils ont cuisiné pour nous, avec nous. Ils sont d’une très grande générosité. Ils s’intéressent à chacun, ne portent aucun jugement. Il n’y a aucun tarif, l’accueil est « donativo ». Chacun donne la somme qu’il veut ou qu’il peut pour l’hébergement comme pour la table. Entre le poids de l’histoire inscrit dans les murs et l’éclairage à la lueur des chandelles, le magie opère. En fin de repas, les hospitaliers sortent une guitare. Malgo, qui a quelques connaissances musicales, est chaleureusement invitée à nous régaler de ses talents. Intimidée, tremblotante, elle interprète deux balades polonaises avec une infinie douceur. Dehors, le ciel nous offre une voûte étoilée très pure. La nuit est exceptionnelle !

A l'aquarelle, la façade principale de l'Ermitage San Nicolas. Au centre une porte encadrée par un voûtement d'arc en ogive. A la droite de la porte, un banc sur lequel deux personnes sont assises. De la toiture, on ne voit que la bordure en tuiles ocres. La perspective par vers le fond, de la droite vers la gauche.
Ermita San Nicolas (Burgos – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 8 octobre 2017

 

Etape 26

  • 7 octobre
  • 21,3 km
  • TardajosHontanas

Je pars alors qu’il fait encore nuit. Je sais que la pleine lune domine la Meseta. Evoluer silencieusement dans un tel environnement m’émeut. La luminosité de l’astre se reflète sur le sentier de cailloux blancs. Sa fade blancheur renforce la sérénité du lever du jour. Il se déroule lentement alors que la lune refuse de se coucher. Sur la crête qui me fait face, je surprends deux chevreuils qui s’enfuient. Leurs silhouettes s’effacent progressivement dans l’immensité désertique. Suis-je la première à ouvrir le défilé des marcheurs du jour ?  Après la fraicheur matinale, la température se réchauffe. Je me rends compte que je ne suis plus seule. Nombreux sont ceux qui ont une allure plus soutenue que la mienne, j’avance au rythme de la tortue me référant souvent à la fable de La Fontaine.

A l'aquarelle, un sentier part de la droite vers la gauche. Il est bordé d'herbes sêches. Au fond, il semble tourner autour d'un massif d'herbes grillées, brunes
Hornillos del Camino (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 7 octobre 2017

Je suis séduite voire envoûtée par le plateau que je traverse. Il semble désertique alors que presque toutes les terres sont moissonnées. il reste quelques rares champs de tournesols très chétifs qui finissent de sécher. Quelques tracteurs rappellent que ces terres sont occupées. Ils circulent. Ils labourent. Ils soulèvent la poussière. La Meseta est bien vivante. Le sentier est large, damé, rectiligne. Je pose un pied devant l’autre . L’horizon qui paraît proche s’éloigne.

A l'aquarelle, un chemin part tout droit vers le lointain légèrement vallonné. La terre est ocre. En premier plan à droite, un massif de pierre tombe en bordure du chemin. Au pied, un arbrisseau. Sur la gauche du chemin, des tournesols séchés.
San Bol (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 7 octobre 2017

Prise dans une sorte de torpeur, je suis surprise d’arriver. Je pense être à San Bol. Après renseignements, San Bol est un simple lieu-dit loin derrière. Je m’en souviens très bien. Je n’ai pas réagi alors que je passais à côté. Là, à Hontanas, je retrouve entre autres de vieilles connaissances. Je ne les ai pas vues depuis quelques jours. Autour d’une table, elles prennent un rafraichissement. Il y a : Michèle, l’Américaine, Andrea, l’Italien, et Monty. Ils choisissent de poursuivre leur périple sur 10 km encore et me proposent de partir avec eux. Les 20 km du jour sont une bonne distance pour moi. Je préfère me poser et réaliser une dernière aquarelle que je n’aurai pas le temps de peindre si je les suis. Je marche moins vite qu’eux.

Ce soir, je partage la table avec 5 jeunes Italiens, Claire, une Irlandaise, et d’autres. Le refuge semble plein.

A l'aquarelle, quelques toitures du village. Elles sont couleur terre et dominées par le clocher de l'église à deux cloches. En fond, le chemin s'enfonce dans la colline puis l'horizon.
Hontanas (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 7 octobre 2017

Etape 25

  • 6 octobre
  • 24,4 km
  • Cardeñuela Riopico – Tardajos

Vive le macadam ! L’étape la plus terrible depuis mon départ. Je fais quelques kilomètres sur le bas côté de la route, aucun tracé n’est aménagé. Puis viennent les trottoirs de la zone industrielle, de la zone commerciale et de la ville. Il y a de quoi être écoeurer de la marche. Heureusement, la beauté du centre historique, l’architecture en dentelle de la cathédrale, l’ensemble sous l’éclairage du soleil fait tout oublier. Par contre, le vent souffle. Burgos est à plus de 800 m d’altitude. Il y fait froid. Après quelques arrêts, je m’oriente vers la sortie de la ville. Elle est plus agréable que l’entrée. L’allée de platanes se situe aux abords de l’Université. Qu’elle est belle avec sa tenue automnale !

A l'aquarelle, une allée de platane. L'entrée prend la lageur de la feuille et par sur la droite. Le feuillage est dans les oranges. A gauche, longeant l'allée, on devine un vieux bâtiment aux fenêtres très étroites
Burgos (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 6 octobre 2017

Face à moi, la Meseta. Demain, je l’affronte. Certains me disent que sa traversée est terrible tellement le paysage est monotone. D’autres vantent la magie de ce haut plateau qui s’étire de Burgos à León.

En attendant, je partage le petit dortoir avec un Canadien, Monty, et un Russe, au prénom imprononçable et impossible à mémoriser. Le premier tentera de me faire adhérer à une église qui prône une vision très mystique du Chemin, sans succès. Le second pratique la marche nordique à grande vitesse, plus de 40 km par jour. Il adore se « défoncer » dans l’effort physique. Du fait de sa rapidité, il se permet de très longs arrêts touristiques ou gastronomiques.

A l'aquarelle, une vaste étendue dans les tons d'ocre rouge. Sur le premier plan à droite, un massif d'herbes oscille du vers au doré en passant par le violine
Tardajos (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 6 octobre 2017

Pour la première fois depuis mon départ, à Tardajos, nous avons un lit avec des draps. Nous disposons même de serviettes de bain. Nous ne sommes pas insensibles à ce petit déploiement de confort. Ce soir, le sac de couchage et le drap de bain restent au fond du sac à dos. Quel luxe !

Etape 24

  • 5 octobre
  • 25,5 km
  • Villafranca Montes de OcaCardeñuela Riopico

Ce matin, le changement de décor est impressionnant. Je ne longe plus de route à grande vitesse. Je traverse une forêt de chênes, puis de pins jusqu’à San Juan de Ortega. Je me sens un peu chez moi, entre Béarn et Landes. La route est encore un peu présente. C’est un bruit de fond plus ou moins audible. Quand, il disparaît complètement, je m’assieds à l’orée de la forêt de pins. Alors que je dessine, je respire l’odeur des pins à plein poumon.

A l'aquarelle, vue de face, la lisière d'une forêt de pins. Seule la partie base est peinte. Au milieu des troncs, un jeune pin amène une tonalité verte sur une ensemble ocre / orange
San Juan de Ortega (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 5 octobre 2017

Contrairement aux forêts de chênes ou de pins, les champs de tournesols ne ressemblent en rien à ceux du Béarn. Dans ma région, les fleurs sont immenses. Séchées, elles sont tellement lourdes de graines que les tiges, qui les portent, cassent sous leur poids. Ici, les fleurs sont rachitiques. Dans le paysage aride, elles s’accordent parfaitement. Le soleil, qui plonge sur elles, les ramène un peu à la vie. Il leur apporte un éclairage particulier en irisant leurs bruns.

A l'aquarelle, un chemin par du premier plan vers le fond à droite. Sur la gauche, il dessine la lisière d'une champ de tournesols grillés, sur 3 rangs. Côté droite, le chemin est bordé d'une clôture abimée : piquets de bois et fils barbelés
Altapuerta (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 5 octobre 2017

Cardeñuela Riopico n’est pas très loin. Je suis encore en rase campagne, pourtant l’empreinte urbaine est bien présente. Au loin, les éoliennes marquent tous les sommets espagnols de l’Aragon à la Navarre puis à la Galice. Une vraie blessure dans le paysage. Le décor industriel est renforcé par l’amoncellement d’antennes sur une hauteur, juste au dessus d’une carrière… Ce paysage me ramène directement dans la réalité de notre siècle : l’exploitation de la nature au profit d’enjeux économiques.

A l'aquarelle, le paysage industriel semble être à perte de vue. En horizon, les éoliennes. Devant, une carrière surmontée à droite par plusieurs antennes posées à flanc de colline
Cadeñuela Riopico (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 5 octobre 2017

En cheminant, je passe devant l’entrée de Villalval pour rejoindre Cardeñuela Riopico. J’arrive au gîte à 17h. Quand l’hospitalier voit mes aquarelles du jour, il reconnaît tous les sites peints. Il s’enthousiasme. Il me parle de la fontaine de Villalval qui est sur le sceau qu’il appose sur les credentials. Pour lui, je ne peux pas poursuivre ma route sans la dessiner. Il est insistant. Il propose de m’y conduire en voiture et de venir m’y rechercher. Je cède sous l’enthousiasme de ses propos :

– La plus ancienne de la région, précise t-il.

J’ai envie de découvrir cette fontaine romane. Il m’y dépose vers 17h30. On convient de 18h30 pour le retour. Il m’oublie. A 19h, en servant le repas aux autres, il s’aperçoit qu’il manque une personne. Il me retrouve sur la route : depuis 10mn, lasse de l’attendre, je rentre à pieds.

A l'aquarelle, une fontaine. En premier plan gauche, le canal encadré par des pierres de taille. Il part vers le fond sur la droite. Fond barré par l'entrée de la fontaine, entrée faite de pierres posées comme une voute romane. Derrière la première voute, une seconde.
Villalval (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 5 octobre 2017

Etape 23

  • 4 octobre
  • 17,3 km
  • Villamayor del RioVillafranca Montes de Oca

Tout le tronçon met mes nerfs à rude épreuve. Je longe toujours la N120. Même en partant de bonne heure, avant 8h du matin, la circulation est intense. Le brouillard s’est également imposé. Dès qu’il se lève pour laisser place au soleil, je me pose sous les rayons pour me réchauffer un peu et pour peindre. Aujourd’hui, j’ai froid. Depuis la traversée des Pyrénées, c’est la première fois que je sors ma doudoune en cours de marche. Celle-ci a de multiples fonctions : pull, veste d’appoint, coupe-vent… Je la mets directement par dessus ma chemise de coton. Je n’ai rien d’autre pour me tenir chaud et elle remplit parfaitement son rôle.

A l'aquarelle, un chemin part de la droite vers la gauche pour tourner vers la droite et se perdre dans un bosquet d'arbres de diverses essences (plusieurs volumes et différentes tonalités : rouge, jaune or, vert pale, vert foncé...) Sur la ligne d'horizon, de la gauche descentes des collines qui se perdent derrière le bosquet.
Tosantos (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 4 octobre 2017

Une heure plus tard, je l’ôte. Le soleil domine. Je reste en chemise de coton à manches longues. Elle me préserve du soleil ou des insectes et me protège des petites fraicheurs. Assistée de la doudoune, je n’ai pas besoin de plus. Ma garde-robe est réduite au minimum pour pallier au poids des carnets de dessin. Je suis partie de Lescar avec 8 blocs de près de 300 grammes chacun.

Dans le petit village de Villambistia, un lieu d’accueil apporte un peu de repos aux oreilles. La terrasse est large, bien exposée, ouverte sur la campagne et elle tourne le dos à la route que je retrouve immédiatement après.

A l'aquarelle, de la droite à mi hauteur, une pente descend vers la gauche et s'arrête à un tiers. Cette ligne marque un premier champs. Sur sa crête légèrement à droite, un petit cabanon avec à l'entrée gauche, deux petits arbres. derrière, la colline
Villambistia (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 4 octobre 2017

Le refuge de Villafranca Montes de Oca a une double casquette : hôtel 3 étoiles et refuge… J’y entre par l’entrée principale, je suis impressionnée. Je ne sais pas trop quelle attitude adopter. Cette subite exposition de confort me dérange. Je n’y suis plus habituée. Mon quotidien est devenue spartiate. Après quelques minutes d’attente, je me familiarise avec le lieu, tout rentre dans l’ordre.

– Avez-vous un lit ?

– …

Sans hésitation, la standardiste « muette » prend ma credencial. Elle sort le tampon de l’hôtel et l’y appose. Egalement, à ma demande, elle le met sans sourciller au dos de mes aquarelles du jour. Plus tard, alors que je dessine l’entrée côté refuge, elle vient discuter. Elle regarde les dessins du carnet. Elle est séduite.

A l'aquarelle, un portail monumental. Les battants en bois sont ouverts. Ils sont surmontés d'une étroite toiture de tuilles. Ils ont encadrés par des rosiers aux fleurs rouges. Au delà du portail, un arbre est suggéré par son tronc
Vilafranca Montes de Oca (Castille del Leon – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 4 octobre 2017