Etape 45

  • 26 octobre
  • 23,3 km
  • CastañedaO Pedruzo

Le lever du jour est beau. Le ciel est dégagé. La brume se lève du fond des vallées, comme il y a deux matins. Aujourd’hui, le Chemin suit une crête. Je m’installe en bordure, au soleil. Ainsi, à 10h, je peins sans problème d’humidité. Les gens qui passent, s’arrêtent, discutent… J’ai beaucoup de difficultés à me concentrer car la sollicitation est permanente. Elle est très représentative de l’affluence. Je mesure l’écart qu’il y a depuis mon départ où je croisais personne. Depuis Puente la Reina, progressivement, et plus particulièrement depuis Sarria, l’affluence est croissante. Je m’en préserve le soir en évitant de m’arrêter dans de grandes villes étapes. Le matin, je ne peux pas éviter la foule. Elle se dilue au fil de la journée car je marche lentement et je m’arrête pour peindre. Environ une heure par aquarelle. Alors que nombreux sont ceux qui arrivent à l’étape vers 15h, j’arrive vers 17h parfois 19h. Je n’ai jamais réservé mon lit. J’ai toujours eu une place. En haute saison, j’aurai du « booker » pour ne pas dormir à la belle étoile.

A l'aquarelle, l'aquarelliste domine le paysage, une succession de vallée d'où monte la brume. On devine les sommets des coteaux qui s'estompent dans le ciel en s'éloignant. En premier plan, la bordure d'un sentier délimitée par une vieille clôture en fils barbelés
Arzúa (Galice – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 26 octobre 2017

En entrant dans cette forêt, la perspective me fait craquer. Tant pis pour le dérangement. Je me mets à même le sol. Je profite d’une vue plongeante sur les deux haies de chênes qui encadrent le sentier forestier. Derrière cette barrière végétale, il y a une forêt d’eucalyptus qui embaume. Aujourd’hui, à nouveau, je ne peins que deux aquarelles. Je suis victime de l’empreinte urbaine. Je suis à l’entrée de Santiago. Il y a beaucoup de monde. Le refuge est désagréable. Nous sommes entassés. Il manque un peu d’humanité. Je ne croise personne que je connaisse. Au restaurant, je n’ai pas envie de manger en tête-à-tête avec mon ombre. Je m’impose à une table. Elle est occupée par une Irlandaise. Comme moi, elle est seule. Nous échangeons beaucoup notamment autour du questionnement personnel, une des principales motivations de nombreux marcheurs.

A l'aquarelle, un sentier s'enfonce de face dans un bois. On ne voit que la base des arbres, les troncs et quelques feuillages.
Salceda (Galice – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 26 octobre 2017
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