A l'aquarelle, le ciel prend des tonalités de rose qui se retrouvent sur les vallons. La panorama offre un espace quasi désertique dans les ocres en premier plan. Il tend vers les roses sur la ligne d'horizon.

Etape 18

  • 29 septembre
  • 19,5 km
  • Los ArcosViana

Pour la première fois depuis fort longtemps, le ciel est dégagé dès l’aube. Quand je quitte Los Arcos, le soleil est rouge. Il se projette dans le ciel face à lui. Malgré l’humidité, je m’installe en lui tournant le dos pour saisir sa couleur qui se reflète sur le désert et l’horizon. Je suis entièrement sous le charme de ce paysage nu, tellement expressif. Les champs sont moissonnés, déjà labourés. Beaucoup de monde passe devant moi, tous pressés. Parmi eux, les Siciliens. Ils ne me voient pas. C’est leur comportement qui attire mon attention. Je les observe. Ils m’impressionnent. Les quatre sont en ligne, bien droit dans leurs chaussures. Ils occupent toute la largeur de la voie. Ils avancent à bonne cadence et semblent se concentrer sur leur marche. Leurs pas sont rapides presque en rythme comme une troupe de régiment réduite. Des Siciliens !

A l'aquarelle, le ciel prend des tonalités de rose qui se retrouvent sur les vallons. La panorama offre un espace quasi désertique dans les ocres en premier plan. Il tend vers les roses sur la ligne d'horizon.
Los Arcos (Navarre / Navarra – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 29 septembre 2017

Maintenant que le flot des marcheurs est passé, je peins en toute tranquillité. L’environnement retrouve sa quiétude. Au loin, le petit village de Sansol a l’air de s’inscrire dans le prolongement du plateau désertique. Il n’en est rien. Pour y arriver, je suis une route dont la montée est raide dans le dernier kilomètre. A la sortie du village, elle redevient sentier. Depuis quelques étapes, certains marcheurs me saluent en français. Je ne les ai jamais rencontrés mais une information circule de refuge en refuge : une Française peint. Je suis une « célébrité » inscrite dans la rubrique « insolite » du Chemin. Depuis que j’ai rallié l’autoroute des pèlerins à Puente La Reina, je suis régulièrement apostrophée pour montrer mes aquarelles.

A l'aquarelle, panorama quasi désertique aux tonalités d'ocre. Sur la ligne d'horizon quelques arbres. Derrière, sur la gauche, la silhouette d'un village.
Los Arcos (Navarre / Navarra – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 29 septembre 2017

Au bout du sentier, l’Ermita del Poyo apparaît soudainement. Il est caché derrière des bosquets. Pour me préserver du soleil, je reste à l’abri des arbres. Si le soleil cogne tout autour, il fera bon pique-niquer à l’ombre de ses murs. Après le dessin, je m’y pause pour une petite restauration frugale : banane, pomme et fruits secs. En règle générale, c’est mon régime alimentaire du midi. Je prends toujours un petit déjeuner costaud. Le soir, le diner est toujours très copieux.

A l'aquarelle, le chemin du premier plan file à travers des massifs végétaux. Il s'oriente vers la droite. En fond, il semble passer devant un bâtiment surmonté d'un clocher et c'une croix. Il est en partie cachée par les arbres. Sur la droite, derrière les premiers arbrisseaux, un massif de hauts cèdres.
Ermita del Poya (Navarre / Navarra – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 29 septembre 2017

J’évolue en rase campagne depuis plus d’une heure. Un ronronnement se fait entendre au loin. Plus j’avance, plus son volume grossit. Il perturbe le cadre, vide de toute empreinte urbaine. Un panneau affiche des tarifs de consommation. Mon cerveau réagit. Quel gâchis ! Une « casita » en plein désert. Le bruit est celui du groupe électrogène. En terrasse, il y a du monde. Je suis carrément dégoûtée. Aucun respect pour la nature. Pourtant, je demande à m’assoir pour peindre sans consommer. J’ai l’accord du propriétaire qui semble flatté par ma démarche. Mais, il n’attend pas la fin de l’aquarelle pour fermer boutique. Evidemment, je suis encore dans les derniers à passer par là. Il ne va plus avoir de clients d’ici la fin de journée. Dans la soirée, je le croise dans les rues du Viana. Il prend l’aquarelle en photo.

A l'aquarelle, sous un massif d'abris (des pins), une casita, petite cabane. En premier plan, deux personnes assises, entre elles une table. En fond, contre la caste, un vélo est appuyé.
Viana (Navarre / Navarra – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 29 septembre 2017
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