A l'aquarelle, vue sur une montagne en arrière plan, éclairée par le soleil. En premier plan, une clôture derrière laquelle des moutons broutent

Etape 7

  • 18 septembre
  • 21,5 km
  • Castiello de JacaSanta Cilia de Jaca

Je démarre la marche sous la pluie mais le temps se lève rapidement. L’itinéraire est fort désagréable. Il longe une route à grand passage. Le bruit de la circulation et la proximité de la route me stressent. Mon regard est totalement dénaturé par cette ambiance. Pourtant à Jaca, les habitants me surprennent. Beaucoup remplacent le « Buenos dias ! » par un « Buen camino ! » Cette expression est celle du Chemin. Je la découvre. Tout le monde se salue ainsi, même les marcheurs entre eux. Après une visite de la cathédrale, je reprends ma route. Alors que je fais une courte halte à la sortie de la ville pour ranger des bananes dans mon sac à dos, un vieil homme passe devant moi. Brusquement, il fait demi-tour. Il m’interpelle sans ménagement et avec insistance. Je n’entends pas le « Buen camino ! »

-Tu es seule ?

-…

-Tu fais le chemin seule ?

-Oui

-Où es ton mari ?

-…

-Es-tu mariée ?

-…

-Une femme doit être mariée. Où est ton mari ?

– C’est ma vie, ça ne te regarde pas !

Je ne lui laisse pas le temps de rétorquer. Je file. Il m’a mise en colère. Je peste. Mon irritation est propice à l’accélération de mes pas. Calmée, je dessine ma première aquarelle après 5h de marche.

A l'aquarelle, paysage sous un ciel chargé
Jaca (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 18 septembre 2017

Au refuge de Santa Cilia de Jaca, je retrouve Roberto et Taïs. Ensemble, nous faisons les courses dans l’arrière boutique du bar du village, il n’y a pas d’épicerie. Roberto se désigne cuisinier. J’apprends qu’il n’est pas catalan mais italien devenu catalan par amour. Roberto a rencontré Taïs sur le Camino Francés. Quelques années après, il l’a rejointe à Barcelone. Depuis, chaque fois qu’il le peut, le couple fait un petit pèlerinage de 8 à 15 jours, sur un tronçon du Chemin. En vrai italien, Roberto nous prépare des pâtes « al dente ». Pendant qu’il cuisine, je file peindre car je suis insatisfaite de ma journée. De la fenêtre du dortoir, j’ai repéré une vue. Au loin, la montagne est éclairée par le soleil couchant. Je me rends à l’orée du village. Pour me protéger du vent froid, je m’installe dans un abri-bus.

A l'aquarelle, vue sur une montagne en arrière plan, éclairée par le soleil. En premier plan, une clôture derrière laquelle des moutons broutent
Santa Cilia  (Huesca – Espagne), aquarelle plein air, Cécile Van Espen, A5, papier grain fin, 300 g/m2, 18 septembre 2017
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Une réflexion au sujet de « Etape 7 »

  1. Bonjour Cécile,
    C’est un vrai bonheur de guetter et découvrir chacun de tes posts. On a vraiment le sentiment de t’accompagner tout le long de ton chemin, et tu nous régales de tes aquarelles si sensibles. Je suis admiratif! Du coup, je viens de m’acheter le kit de démarrage de l’aquarelliste, çà me changera de mes huiles…
    Encore merci de ce partage, et à suivre… Christian LABORDERIE

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